Pourquoi il faut investir en Chine maintenant

Tribune à L’Opinion (27/09/2015)

 

Depuis plusieurs semaines, les mauvaises nouvelles s’accumulent sur l’économie chinoise : krach boursier à Shanghai, explosion de Tianjin, statistiques inexactes, diminution des exportations, etc.

Il est vrai que la croissance ralentit aujourd’hui en Chine. Ce n’est pas étonnant : mis à part aux Etats-Unis, la conjoncture chez ses partenaires commerciaux est médiocre. Et plusieurs bulles (immobilier, dette publique) pèsent sur l’économie chinoise.

Face à cette situation, ainsi qu’aux problèmes environnementaux aigus et aux demandes démocratiques, notamment à Hong Kong, le pouvoir chinois est apparu ces derniers mois tendu et souvent maladroit.

Faut-il pour autant en déduire que la phase de croissance de ces vingt dernières années est désormais terminée ? Sans doute pas. Les fondamentaux de l’économie chinoise à 10-20 ans restent excellents, et rendent très probable une nouvelle phase de croissance soutenue, plus forte qu’en Europe et même qu’aux Etats-Unis.

Tout d’abord du fait de la démographie. Certes la population globale, et la population active, vont diminuer du fait de la très faible natalité. Mais la Chine dispose encore d’un énorme potentiel d’augmentation de sa population active hors agriculture, et de sa classe moyenne, et donc de ses capacités de production et de consommation.

Du fait des équilibres macroéconomiques ensuite. Le développement chinois va pouvoir continuer à s’appuyer sur une monnaie à la fois stable et sous-évaluée. Ceci grâce à des réserves de change très importantes (3560 milliards de dollars) qui permettront à la Banque centrale d’opérer une gestion active du yuan, comme cela a été le cas cet été. Les prix du pétrole très bas sont aussi un paramètre très favorable.

Du fait de ses capacités d’innovation enfin. L’Occident considère souvent que la Chine s’est développée essentiellement par copie, et qu’elle ne sait pas, par culture, innover. Des études ont pourtant montré que la Chine était également très innovante ; si on y dépose moins de brevets que dans les pays occidentaux, c’est parce que l’innovation y est plus centrée sur les procédés industriels.

Le ralentissement économique en Chine, temporaire, ne doit donc pas conduire à fuir le pays. Au contraire, c’est plutôt le bon moment d’y investir.

La modernisation des entreprises publiques, dont le pouvoir chinois a fait une priorité, va en effet être une occasion de nouer des partenariats avec ces groupes.

Autre priorité du pouvoir chinois, la relocalisation progressive de la production de biens aujourd’hui massivement importés comme les médicaments, aliments fonctionnels, produits cosmétiques, etc. Les sociétés qui exportent aujourd’hui ces produits en Chine vont devoir investir rapidement dans des usines locales pour continuer leur activité.

Enfin, le retrait brutal de beaucoup d’investisseurs internationaux ces derniers mois permet de faire de bonnes affaires en Chine, du fait d’une concurrence plus réduite.

Le principal risque pour les entreprises françaises, si elles investissent en Chine, ne viendra pas de la macroéconomie mais des transferts de technologie mal gérés, qui ont tant coûté ces dernières années dans le nucléaire, l’aéronautique ou encore l’électronique.

Guillaume Sarlat a créé et dirige une société de conseil aux entreprises basée à Londres. Il a conseillé récemment la société Biostime, leader du lait infantile en Chine, dans son acquisition de Swisse, leader des compléments nutritionnels en Australie, pour près de 900 millions d’euros.

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